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La fin des passoires thermiques : place aux maisons économes

22 Mai 2026 | Rénovation énergétique

Depuis plusieurs années, la question des passoires thermiques occupe une place centrale dans les débats sur la transition écologique et l’immobilier. Une passoire thermique désigne un logement extrêmement énergivore, souvent mal isolé, avec un système de chauffage inefficace, entraînant une consommation énergétique excessive et des factures d’énergie élevées. En France, les logements les plus énergivores, notés F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), représentent une part importante du parc immobilier.

Avec l’entrée en vigueur de la loi Climat et Résilience, une interdiction de location progressive a été mise en place. À partir du 1er janvier 2025, les logements notés G ne pourront plus être mis en location, suivis des logements notés F en 2028. Cette mesure vise à inciter les propriétaires à engager des travaux de rénovation énergétique pour améliorer l’isolation thermique et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Mais comment savoir si un logement est une passoire thermique ? Quelles solutions existent pour rénover ? Et quelles aides permettent de financer ces améliorations ? Nous faisons le point.

Qu’est-ce qu’une passoire thermique ?

Définition et critères

Une passoire thermique est un bien immobilier dont la consommation d’énergie est très élevée, généralement en raison d’une isolation défaillante, de déperditions de chaleur importantes ou d’un système de chauffage vétuste. En France, un logement est considéré comme tel s’il est noté F ou G au DPE.

Le calcul du DPE prend en compte plusieurs critères :

  • L’isolation des murs, toitures, fenêtres et planchers.
  • Le système de chauffage et sa performance.
  • La ventilation et l’étanchéité à l’air.
  • Les émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation énergétique.

Ces logements très énergivores ont une consommation d’énergie pouvant dépasser 330 kWh/m²/an.

Pourquoi ces logements posent-ils problème ?

  • Pour les locataires : des factures d’énergie exorbitantes, un confort thermique médiocre (froid en hiver, chaleur en été).
  • Pour les propriétaires : une décote à la vente d’un bien, des difficultés pour mettre en location leur logement, et une obligation légale d’agir.
  • Pour la planète : les émissions de gaz à effet de serre de ces logements énergivores contribuent fortement au réchauffement climatique.

Selon le ministère de la Transition écologique, les millions de passoires thermiques en France représentent près de 17 % du parc immobilier, soit environ 4,8 millions de logements.

L’interdiction de location des passoires thermiques

Un calendrier strict

La loi Climat et Résilience a instauré un calendrier progressif pour l’interdiction de location :

  • Depuis 2023 : Les logements les plus énergivores (G+) ne peuvent plus être mis en location.
  • 1er janvier 2025 : Interdiction pour tous les logements notés G.
  • 2028 : Interdiction pour les logements notés F.
  • 2034 : Extension aux logements notés E.

Cette mesure s’applique à tous les logements concernés, qu’ils soient loués vides ou meublés. Les propriétaires doivent donc agir rapidement pour éviter de se retrouver dans l’impossibilité de louer leur bien immobilier.

Conséquences pour les propriétaires

Si un logement est une passoire thermique, son propriétaire ne pourra plus :

  • Mettre en location le logement sans avoir engagé des travaux.
  • Augmenter le loyer de manière libre (sauf travaux justifiés).
  • Bénéficier de certains avantages fiscaux liés à la location.

En cas de non-respect, les propriétaires s’exposent à des sanctions, comme l’annulation du contrat de location ou des amendes.

Comment savoir si son logement est une passoire thermique ?

Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)

Le DPE est le seul moyen officiel de déterminer si un logement entre dans la catégorie des passoires thermiques. Ce diagnostic, obligatoire pour la vente d’un logement ou la location, classe le bien immobilier de A (très performant) à G (très énergivore).

Pour reconnaître une passoire thermique, il suffit de vérifier la classe énergétique indiquée sur le DPE :

  • Notation F ou G : logement énergivore.
  • Notation E : logement moins performant, mais pas encore interdit à la location.

Comment obtenir un DPE ?

Le DPE doit être réalisé par un professionnel certifié. Son coût varie entre 100 € et 250 €, selon la taille et la complexité du logement. Une fois obtenu, le DPE est valable 10 ans.

Comment sortir de la catégorie des passoires thermiques ?

Pour rénover une passoire thermique, les propriétaires doivent engager des travaux visant à améliorer l’isolation thermique et réduire la consommation d’énergie. Voici les principales solutions :

1. Améliorer l’isolation

L’isolation est la clé pour réduire les déperditions de chaleur et améliorer le confort thermique. Les travaux prioritaires incluent :

  • Isolation des combles (perdus ou aménagés).
  • Isolation des murs (par l’intérieur ou l’extérieur).
  • Isolation des planchers bas (sous-sol, garage).
  • Remplacement des fenêtres par du double ou triple vitrage.

2. Moderniser le système de chauffage

Un système de chauffage ancien ou inefficace peut être responsable d’une grande partie de la consommation énergétique. Les solutions incluent :

  • Remplacement d’une chaudière fioul ou gaz par une pompe à chaleur ou une chaudière à granulés.
  • Installation d’un poêle à bois performant.
  • Mise en place d’un système de régulation (thermostat programmable).

3. Améliorer la ventilation

Une bonne ventilation permet d’éviter les problèmes d’humidité et d’améliorer la qualité de l’air, tout en limitant les pertes de chaleur.

4. Opter pour une rénovation globale

Pour une sortie définitive de la catégorie des passoires thermiques, une rénovation globale est souvent nécessaire. Cela implique de combiner plusieurs travaux (isolation, chauffage, ventilation) pour atteindre une notation supérieure (D ou C).

Quelles aides pour financer les travaux ?

Rénover représente un investissement important, mais de nombreuses aides financières existent pour aider les propriétaires et les ménages.

1. MaPrimeRénov’

Cette prime, accessible à tous les propriétaires (occupants ou bailleurs), sous conditions de ressources, permet de financer :

  • L’isolation des combles, murs ou planchers.
  • Le remplacement du système de chauffage.

Le montant varie selon les revenus et les travaux réalisés.

2. Les aides de l’ANAH

L’Agence Nationale de l’Habitat propose plusieurs dispositifs pour les propriétaires modestes :

  • Habiter Mieux Sérénité : pour les travaux de rénovation énergétique ambitieux.
  • Prime Logement Décent : pour la mise aux normes des logements indécents.

3. L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)

Ce prêt sans intérêts permet de financer jusqu’à 50 000 € de travaux, remboursables sur 10 à 20 ans, sans conditions de ressources.

4. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)

Les CEE, ou primes énergie, sont versés par les fournisseurs d’énergie pour encourager les travaux de rénovation énergétique.

5. Les aides locales

De nombreuses collectivités proposent des aides complémentaires. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre conseil régional.

6. Le dispositif « Coup de pouce isolation » et « Coup de pouce chauffage »

Ces dispositifs offrent des primes supplémentaires pour l’isolation ou le remplacement du système de chauffage.

Cas particuliers : copropriétés et bailleurs

Pour les copropriétés

Les copropriétés peuvent également être concernées si le bâtiment est mal isolé ou équipé d’un système de chauffage énergivore. Dans ce cas, les travaux doivent être votés en assemblée générale.

Des aides spécifiques existent pour les copropriétés, comme le fonds de travaux ou des subventions de l’ANAH.

Pour les bailleurs

Les propriétaires de logements notés F ou G doivent impérativement engager des travaux avant le 1er janvier 2025 (pour les G) ou 2028 (pour les F) pour pouvoir continuer à mettre en location leur bien immobilier.

En plus des aides classiques, ils peuvent bénéficier de déductions fiscales.

La fin des passoires thermiques est une réalité en marche. Avec l’interdiction de location progressive des logements les plus énergivores, les propriétaires n’ont plus le choix : ils doivent engager des travaux pour améliorer l’isolation thermique, moderniser le système de chauffage et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Heureusement, de nombreuses aides existent pour financer ces travaux et rendre ces rénovations accessibles à tous. Que vous soyez propriétaire occupant ou bailleur, il est temps d’agir pour sortir de la catégorie des passoires thermiques et faire de votre logement un espace économe, confortable et respectueux de l’environnement.

Alors, prêt à dire adieu aux passoires thermiques et à accueillir une nouvelle ère de logements performants ?